Introduction

 

L’Afrique australe est constituée de l’ensemble des territoires situés au sud de la forêt équatoriale africaine.

On y attouche également les îles africaines du sud-ouest de l’océan Indien autour de Madagascar (du canal du Mozambique aux iles Maurice et de la Réunion) ainsi que les iles africaines du sud-est de l’océan atlantique.

Primitivement occupée par les peuples Khoisan puis Bantous, cette région fit l’objet de plusieurs vagues de colonisation européenne qui ont laissé leurs traces dans le dessin des frontières politiques actuelle s de la région.

Dans notre analyse nous nous appuierons sur l’exemple de l’Afrique du Sud.

 

 

  1. I.                   L’homme et l’environnement physique

 

  1. Situation

 

À l'extrémité méridionale du continent africain, l'Afrique du Sud se caractérise d'abord par sa diversité. En un seul pays, elle rassemble le désert et la savane, les climats méditerranéen et tropical, les hauts plateaux du Veld, les reliefs enneigés du Drakensberg et les vastes étendues du Karoo, et offre ainsi une gamme extraordinairement variée de paysages, de climats, de territoires, de végétations et de vie animale. Cette diversité naturelle se retrouve au niveau humain. La population sud-africaine rassemble, en une nation « arc-en-ciel », Noirs, Indiens, Métis et Blancs d'origines et d'appartenances religieuses et communautaires très variées..

 

 

L'espace sud-africain a été structuré par la longue histoire de la séparation des groupes humains. L'organisation du territoire est donc avant tout liée à des facteurs politiques et humains ; les divers milieux naturels ne servent que de cadre.

 

 

  1. Les paysages

 

Immense territoire (1 224 297 km2) compris entre le 18e et le 33e parallèle sud,la République d'Afrique du Sud couvre un espace marqué par des inégalités de toutes natures. Tout d'abord, la chaîne du Drakensberg et les reliefs qui la prolongent jusque dans l'arrière-pays du Cap constituent la limite entre l'Ouest sec et peu peuplé et l'Est bien arrosé et plus densément occupé. Ensuite, à l'intérieur du pays, donc à l'ouest et au nord de l'arc montagneux, s'étage une succession de hauts plateaux en gradins séparés par des escarpements : le haut Veld (supérieur à 1 200 m), le moyen Veld (entre 600 et 1 200 m) et le bas Veld (inférieur à 600 m). Ces plateaux, de plus en plus secs et de moins en moins élevés vers l'ouest, s'abaissent jusqu'au bassin désertique du Kalahari et le sud du désert du Namib, via les vastes étendues du Grand Karoo. Partout la couverture végétale est basse, savane herbeuse, parfois arborée, ou steppe.

Ce sont d'autres paysages, moins étendus, qui font la diversité sud-africaine, tels que les montagnes du Drakensberg, à des altitudes supérieures à 3 000 m, accidentées de pics acérés et de roches mises à nues, parfois aux formes plus molles en fonction de la lithologie, de l'étagement altitudinal, et de l'exposition des versants. Les littoraux présentent encore une plus grande variété. Il y a le désert côtier brumeux, longé par le courant froid de Benguela au nord-ouest du pays ; le littoral du sud, dit méditerranéen(du fait de son climat), avec des sites grandioses de corniches dues à la tombée brutale de la montagne dans la mer ; le littoral tropical de l'océan Indien, à l'est, le long duquel s'étendent de longues plages de sable, des côtes à coraux, des étendues de mangroves et des lagunes. On ne saurait enfin oublier les paysages des grandes vallées, même si peu de fleuves importants arrosent le pays. Les principaux sont l'Orange et son affluent le Vaal, ainsi que le Limpopo, fleuve frontalier avec le Botswana et le Mozambique. Seule la partie est du pays est abondamment pourvue de cours d'eau descendant du Drakensberg.

 

Des facteurs à l'échelle régionale, liés à la latitude, expliquent également l'originalité climatique de l'Afrique du Sud. L'altitude accentue les froids hivernaux, l'enneigement est souvent important sur les reliefs. Le froid n'épargne que la façade orientale du pays (c'est-à-dire la province du KwaZulu-Natal). Par ailleurs, le courant froid de Benguela et le courant chaud des Aiguilles réduisent l'effet modérateur océanique et expliquent pour l'un la fraîcheur et la sécheresse de la côte ouest, pour l'autre l'humidité et la chaleur de la côte est.

 

 

  1. II.               Dynamique de la population

 

Les 47,4 millions de Sud-Africains (en 2006) sont essentiellement concentrés à l'est et au sud du pays. Des foyers de peuplement se dégagent plus particulièrement : le Gauteng avec des densités urbaines fortes, la côte du KwaZulu-Natal avec de fortes densités à la fois urbaines et rurales (celles-ci se prolongent vers le sud dans le Cap-Est). Les autres foyers de peuplement sont secondaires et surtout urbains, il s'agit de la région du Cap, des pôles de Port Elizabeth et East London et, à l'intérieur, des champs aurifères de l'État Libre (région de Welkom).

Cette population ne connaît aujourd'hui qu'une faible croissance démographique : supérieure à 2 % par an au début des années 1990, elle est tombée à moins de 1 % depuis 2001 ; dans le même temps, l'espérance de vie est passée de 59 ans en 1990 à 48 ans en 2005. La principale cause de cette évolution est la dramatique épidémie de sida qui affecte plus de 10 % de la population et représente la première cause de mortalité (plus de 600 morts par jour en 2005).

La population sud-africaine avait été divisée, dans les années 1950, en quatre grandes catégories « raciales » par le régime de l'apartheid : Blancs, Noirs, Coloured et Indiens. Sur la population totale, on comptait, en 2005, 78 % de Noirs, 10 % de Blancs, 9 % de Coloured et 1,3 % d'Indiens. Ces divisions restent importantes, malgré la fin de l'apartheid en 1991, tout en recouvrant une grande variété ethnique.

 

III.            L’apartheid

 

Apartheid (« vivre à part » en afrikaans) est une politique de loi en Afrique du sud entre 1948 et 1991 et qui avait notamment raciale entre blancs, noirs, métis et indiens et créé des bantoustans sur des critères éthiques. Cette politique a été appliquée en Afrique  du sud et dans le Sud-Ouest africain (1959-1979).

 

 

A-    Les fondements de l'apartheid

Les croyances traditionnelles du peuple boer, passées en héritage à la communauté afrikaner, et l'influence d'idéologies totalitaires sont les deux sources principales de cette doctrine. À vrai dire, il s'agit moins d'une doctrine scientifiquement élaborée que d'un ensemble de thèmes, propagés surtout dans les discours officiels, qui constituaient la philosophie politique du nationalisme afrikaner.

  1. La défense de la civilisation occidentale

le rôle privilégié, quoique incompris, de l'Afrique du Sud blanche est de défendre la civilisation chrétienne occidentale. La lutte contre les doctrines matérialistes, auxquelles on associe volontiers les aspirations libérales, s'impose au nom du christianisme. La défense de la civilisation occidentale implique le maintien de la suprématie blanche, seule garante de ces valeurs fondamentales. Autrement dit, s'opposer à l'apartheid c'est vouloir saper la civilisation chrétienne dont les non-Blancs sont pourtant bénéficiaires.

 

  1. La croyance en la nécessité de préserver la pureté biologique de la race blanche

 

Il  y a aussi la croyance en la nécessité de préserver la pureté biologique de la race blanche. Officiellement, on n'affirme plus que les autres races sont « inférieures », on insiste seulement sur les différences de civilisation et sur les décalages culturels. L'argument cache néanmoins une mystique de la race, ouvertement proclamée avant la Seconde Guerre mondiale par les « nationalistes purifiés ». Ceux-ci condamnaient « le libéralisme et le négrophilisme qui voudraient balayer toutes les barrières de couleur et faire de l'Afrikaner un être sans colonne vertébrale ». D'où cette crainte maladive du métissage, aggravée par la progression numérique des non-Blancs, qui pousse à rejeter hors de la communauté blanche tout individu qui ne ressemble pas suffisamment à un Blanc. « Le problème fondamental est de préserver la race blanche et la civilisation occidentale », déclarait en 1956 le Premier ministre Strijdhom. Cette formule explique au fond tout le système de l'apartheid.

 

  1. IV.             LE DEVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE

 

  1. 1.      Caractéristiques générales de l'agriculture

Depuis 1990, la part de l'agriculture dans le PIB fluctue autour de 5 pour cent et a tendance à diminuer: elle était de 12,4 pour cent en 1960 et de 7 pour cent en 1980. Le taux de croissance du secteur agricole a varié; faible pendant les années 60 et 80 (en moyenne 1,6 et 1,4 pour cent par an respectivement), il a été élevé pendant les années 70 (5,8 pour cent). Comme la population augmente de 2,6 pour cent par an, la croissance du PIB agricole par habitant a été négative pendant les années 60 et 80. L'agriculture joue un rôle capital en tant que source d'emplois, de vivres pour l'autosubsistance et de matières premières pour une industrie agroalimentaire très dynamique.

On estime qu'en 1990, 28,9 pour cent de la valeur brute de la production agricole des homelands (soit 3,1 pour cent du PIB total des homelands) étaient commercialisés; le reste était destiné à l'autoconsommation. La valeur de la production est imputable pour l'essentiel, et en parties égales, aux cultures de plein champ et à l'élevage. Dans les homelands, les virements des émigrés, les pensions et retraites sont une source de revenus plus importante que l'agriculture.

  1. 2.      Place de l'agriculture dans la stratégie de développement de l'Afrique du Sud

L'agriculture n'occupe que 10 % de la population active et ne contribue qu'à hauteur de 3 % au P.N.B. et à 7 % des exportations ; elle satisfait cependant la majeure partie des besoins nationaux et permet de notables exportations. Les exploitants agricoles blancs monopolisent l'agriculture commerciale, employant 1 200 000 ouvriers agricoles, qui font vivre plus de 5 millions de personnes. Les rendements dans les anciens bantoustans – les terres les moins fertiles – restent dérisoires, et leur contribution, négligeable : les causes sont d'ordre sociologique (tradition de l'agriculture vivrière), écologique (érosion des sols) et économique (migrations des hommes vers les régions minières et industrielles, manque de capitaux).

L'Afrique du Sud est le 9e producteur mondial de maïs, qui constitue l'aliment de base de la population noire ; elle produit également du vin (7e rang mondial), de la canne à sucre, du blé, des oléagineux (tournesol, arachide), des pommes de terre et des fruits de verger (pommes, agrumes). L'Afrique du Sud est autosuffisante pour la plupart des grandes catégories de produits agricoles, sauf la viande et les graines oléagineuses. L'indice d'autosuffisance est de 134 pour les cultures de plein champ, 152 pour les cultures maraîchères et 87 pour les produits

 

 

 

  1. V.                DEVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE

L'industrialisation de l'Afrique du Sud s'est opérée, dans une large mesure, à l'initiative du gouvernement, avec la création de trois grandes entreprises publiques : outre la Sasol, ce sont l'Escom (qui couvre 86 % des besoins en électricité) et l'Iscor (qui fournit 85 % de la demande intérieure en acier). La production industrielle est diversifiée, les principales branches d'activité étant la métallurgie, la sidérurgie, le textile, l'agroalimentaire, les constructions mécaniques, l'armement ou encore la chimie.

v Les ressources minières sont considérables. L'Afrique du Sud est ainsi le premier producteur mondial d'or, de manganèse, de chrome et de platine, dont elle possède 50 à 80 % des réserves planétaires. Elle extrait également de l'argent, du cuivre, de l'uranium, du titane, du vanadium, de l'antimoine, de l'amiante, du minerai de fer (7e rang), du plomb (12e rang), des diamants (15 millions de carats) et du charbon (270 millions de tonnes, 6e rang mondial). Exploité au Natal et au Transvaal, ce dernier est exporté bien meilleur marché que le charbon d'Australie ou des États-Unis.

L'or  demeure la première richesse du pays, grâce, notamment, aux mines du Witwatersrand. Pour pallier son manque de pétrole, surtout au temps de l'apartheid, où elle redoutait des sanctions économiques, l'Afrique du Sud s'est lancée dans la fabrication de pétrole synthétique à partir de charbon liquéfié. Le procédé, mis au point par une entreprise d'État, la Sasol, est coûteux, mais il permet de couvrir 40 % de la consommation du pays. Pour s'approvisionner en énergie électrique, l'Afrique du Sud avait financé la construction du grand barrage de Cabora Bassa, sur le Zambèze, au Mozambique, mais la ligne à haute tension de plus de 1 000 km entre le barrage et le Transvaal a été gravement endommagée durant la guerre civile qui a ravagé l'ex-colonie portugaise. L'Afrique du Sud dispose aussi à Koeberg, près du Cap, d'une centrale nucléaire : cette localisation s'explique par l'éloignement du bassin houiller. Cette centrale a été fournie par la France, ce qui lui avait permis, avec l'aide de divers pays occidentaux, de fabriquer des bombes atomiques que le gouvernement sud-africain a fait détruire en 1993. L'approvisionnement en électricité (fournit en majorité par le charbon) est insuffisant au regard de la demande.

En revanche, les gisements de fer sont relativement modestes, la bauxite est quasi absente et, surtout, le pétrole manque.

 

VI.           ORGANISATION ADMINISTRATIVE CARTE POLITIQUE

 

1.     Organisation des pouvoirs

Le régime est parlementaire, mais les fonctions de chef du gouvernement et de chef de l'État se confondent sous le titre de président de la République d'Afrique du Sud. Ce dernier est élu par le parlement.

Le parlement d’Afrique du Sud est composé de deux chambres : une chambre basse, l’assemblée nationale et une chambre haute, le conseil national des provinces

. Les 400 membres de l'assemblée nationale sont élus par scrutin proportionnel de liste. Le NCoP, qui a remplacé le Sénat en 1997, est composé de 90 membres représentant les neuf provinces.

Chaque province est dotée d'une législature provinciale monocamérale, et d'un conseil exécutif présidé par un premier ministre (premier en anglais et en afrikaans). Les provinces sont moins autonomes que celles, par exemple, du Canada ou que les États aux États-Unis. Il s'agit alors d'un système fédéral modéré. L'État compte 11 langues officielles qui, en pratique, sont traitées différemment, l'afrikaans perdant du terrain devant l'anglais favorisé par l'ANC.

2.     Tendance politique  

Depuis la fin de l'apartheid, l'ANC (Congrès National Africain)  n'a cessé d'augmenter sa domination politique. Cependant, l'opposition reste vivace bien que diminuée, et on estime ordinairement que l'Afrique du Sud est l'État le plus démocratique d'Afrique. Sa Constitution est par exemple l'une des plus généreuses du monde du point de vue des droits de l'Homme.

Le gouvernement doit résoudre le problème des violences qui touchent les campagnes du pays : la réforme agraire impose la redistribution des terres aux Noirs et les fermiers afrikaners doivent souvent vendre leurs exploitations au gouvernement, ce qui suscite des résistances. Ces fermiers, au nombre de 35 000 environ, sont parfois attaqués par des bandes organisées et certains s'inscrivent à des stages commandos pour pallier le manque d'aide du gouvernement. Plusieurs partis d'extrême droite continuent de recruter au sein d'une frange de cette population qui se sent délaissée.

 

 

Conclusion

 

Au terme de notre analyse on retient que  l’Afrique australe peut constituer  une puissance montante en Afrique.

Depuis les années 1980, le taux d’infection du VIH devient particulièrement aigu en Afrique Australe.

Néanmoins, l’économie de cette région reste relativement robuste, surtout grâce à la puissance industrielle de l’Afrique du sud, l’exploitation minière, l’extraction pétrolière d’Angola, et un climat favorable pour l’agriculture.